J-28
Jeudi 1 mai 2025
Ce jour férié est célébré en France métropolitaine, en Alsace-Moselle et dans les DOM
Le 1er mai est une date emblématique célébrée dans de nombreux pays à travers le monde. À la fois jour férié, fête du Travail et occasion de rassemblements populaires. Chargée d'histoire, de symboles et de traditions, elle est à la croisée des luttes sociales, des revendications ouvrières et des célébrations printanières.
Avant de devenir un symbole de la lutte ouvrière, le 1er mai était déjà une date marquée dans les calendriers de nombreuses civilisations. Dans l'Antiquité, cette période de l'année était associée à des célébrations printanières, liées au renouveau de la nature. Les Celtes, par exemple, célébraient Beltaine, une fête marquant le début de la saison lumineuse et la fertilité. De même, dans la Rome antique, les festivités autour de Flora, déesse des fleurs, se tenaient à la fin avril et au début mai.
Ces célébrations païennes mettaient l'accent sur la joie, la prospérité et les liens entre les hommes et la nature. Avec l'avènement du christianisme, ces traditions païennes ont été progressivement absorbées ou supplantées par des fêtes religieuses, mais l'idée d'une fête printanière est restée ancrée dans l'imaginaire collectif.
Le 1er mai tel que nous le connaissons aujourd'hui tire son origine du mouvement ouvrier de la fin du XIXe siècle. L'événement fondateur est lié à une revendication majeure : la limitation de la journée de travail à huit heures. Aux États-Unis, en 1884, la Fédération américaine du travail (AFL) adopte une résolution appelant à des manifestations pour obtenir la journée de huit heures. La date choisie pour ces actions est le 1er mai 1886.
Ce jour-là, des centaines de milliers de travailleurs se mobilisent à travers les États-Unis. À Chicago, l'une des principales villes industrielles du pays, la mobilisation se poursuit les jours suivants et culmine dans un drame. Le 4 mai 1886, lors d'une manifestation sur la place Haymarket, une bombe explose, tuant plusieurs policiers. La répression qui s'ensuit est brutale, et plusieurs militants anarchistes sont arrêtés, jugés et condamnés, certains à la peine de mort. Ces événements, connus sous le nom de Massacre de Haymarket, marquent profondément l'histoire du mouvement ouvrier.
En 1889, lors du congrès de la Deuxième Internationale, les organisations socialistes et ouvrières décident de faire du 1er mai une journée internationale de revendication pour la réduction du temps de travail. La première célébration officielle a lieu en 1890, et la date s'impose progressivement comme un symbole mondial de la lutte des travailleurs.
Le 1er mai est aujourd'hui célébré de diverses manières à travers le monde, mêlant revendications sociales, traditions populaires et gestes symboliques.
Dans de nombreux pays, le 1er mai est marqué par des défilés syndicaux et des manifestations. Ces rassemblements sont l'occasion pour les travailleurs de faire entendre leurs revendications, qu'il s'agisse de meilleures conditions de travail, d'augmentations salariales ou de la défense des droits sociaux. Les cortèges, souvent organisés par les syndicats, sont parfois accompagnés de discours et de concerts.
En France et dans certains pays européens, le 1er mai est également associé à la tradition d'offrir du muguet. Cette coutume remonte à la Renaissance, lorsque le roi Charles IX aurait instauré cette pratique après avoir reçu un brin de muguet en guise de porte-bonheur. Depuis, cette fleur est devenue un symbole de bonheur et de renouveau, particulièrement associé à la fête du Travail en France.
Dans certains pays, le 1er mai conserve des aspects festifs hérités des traditions printanières. En Angleterre, par exemple, on célèbre le May Day avec des danses autour du mât de mai (Maypole) et des couronnements de la "reine de mai". Ces festivités mettent en avant la joie et la convivialité, dans un esprit de célébration collective.
En France, le 1er mai est à la fois une fête du Travail et un jour férié. Cette double dimension en fait une journée particulière, à la croisée des luttes sociales et des traditions populaires.
Si le 1er mai est célébré par les travailleurs français dès la fin du XIXe siècle, il faut attendre 1941 pour qu'il devienne officiellement un jour férié. Cette décision est prise par le régime de Vichy, qui rebaptise la journée "Fête du Travail et de la Concorde sociale". Après la Libération, la fête est maintenue, mais débarrassée de son appellation vichyste.
Le 1er mai est également un moment fort pour les syndicats français, qui organisent des défilés dans tout le pays. Ces manifestations sont l'occasion de rappeler les combats passés et présents pour les droits des travailleurs. Les slogans, les banderoles et les discours reflètent les préoccupations du moment, qu'il s'agisse de la réforme des retraites, de l'augmentation du SMIC ou de la lutte contre la précarité.
Le 1er mai est riche en anecdotes et en symboles, qui témoignent de la diversité des traditions et des significations associées à cette journée.
Dans de nombreux pays, le rouge est la couleur associée au 1er mai. Il symbolise les luttes ouvrières et la solidarité internationale. Les drapeaux rouges, les foulards et les banderoles sont omniprésents lors des manifestations organisées ce jour-là.
En 1907, le muguet remplace l'églantine rouge comme symbole du 1er mai en France. L'églantine, associée à la Commune de Paris, était jugée trop révolutionnaire par certains. Le muguet, plus neutre et plus consensuel, s'impose alors comme un symbole de bonheur et de renouveau.
Bien que le 1er mai soit une fête internationale, tous les pays ne le célèbrent pas de la même manière. Aux États-Unis, par exemple, la fête du Travail est célébrée le premier lundi de septembre, et le 1er mai reste associé aux événements tragiques de Haymarket. En Russie et dans d'autres pays de l'ex-URSS, le 1er mai était autrefois une journée de célébration massive du régime communiste, avec des défilés militaires et des rassemblements populaires.
Dans certaines régions d'Europe, le 1er mai est marqué par l'érection du mât de mai, un grand poteau décoré de rubans et de fleurs. Cette tradition, qui remonte au Moyen Âge, symbolise la fertilité et l'abondance. Elle est particulièrement vivante en Allemagne, en Autriche et dans les pays scandinaves.